Le projet

Grande consommatrice de skincare, j'ai toujours scruté les compositions, comparé les formules et suivi les tendances du marché. Et à force de consommer, j'ai remarqué quelque chose : dans un contexte où on se préoccupe de plus en plus des ingrédients, je me retrouvais de plus en plus attirée par des marques qui font moins mais mieux. Des marques comme Typology, qui réduit ses formules à l'essentiel, ou comme Byoma, qui mise tout sur la science de la barrière cutanée.

C'est de là qu'est née l'idée de SÔMA : une marque que j'ai imaginée et construite entièrement de zéro, du nom au plan de lancement. Le brief que je me suis donné : créer une marque de soin luxueuse qui mise sur le minimalisme. Pas de promesses excessives, pas de greenwashing, pas de liste d'ingrédients à rallonge. Juste des formules courtes et des ingrédients efficaces.

L'analyse de marché

Le moment est clairement favorable. Le marché de la clean beauty en Europe pèse 2,5 milliards de dollars en 2024, avec un CAGR projeté de +13,8 % jusqu'en 2033. En France, le segment premium croît de +5,5 % par an et la cosmétique bio de +12 %. 65 % des femmes de 35 à 54 ans lisent les INCI avant d'acheter, et 61 % des 18-27 ans réclament plus de produits clean label.

Le cadre réglementaire joue aussi en faveur du projet : la Directive EU Green Claims entre en vigueur en 2026 et l'interdiction des PFAS en France date de janvier 2026. Autant d'éléments renforcent la légitimité d'une marque comme SÔMA. Enfin, le modèle D2C vers retail est validé par Rhode, rachetée 1 milliard de dollars par e.l.f en 2025, qui a généré 15M$ dès sa première semaine chez Sephora US.

Le benchmark et le positionnement

J'ai analysé quatre références pour trouver l'espace à occuper. Aesop se positionne sur le luxe rituel avec des produits pouvant atteindre plus de 60 €, et une présence digitale faible. Typology occupe le masstige avec des produits vendus entre 12 et 28 €. The Ordinary est sous les 15 €, dans un registre purement scientifique.

SÔMA se positionne entre les deux premiers : luxe accessible, entre 38 et 54 €, digital-natif, avec une promesse d'efficacité prouvée et de transparence radicale.

L'identité de marque

Le nom vient du grec σώμα, qui signifie « le corps ». Court, mémorable et prononçable dans toutes les langues, sans dépôt de marque connu en cosmétique EU. La typo utilise un serif italique (Georgia) pour évoquer l'élégance, avec l'accent circonflexe du Ô comme signe distinctif. Le signe associé est un cercle épuré en filigrane, faisant référence au corps et à l'entier.

La gamme de lancement est volontairement réduite à trois produits : SÔMA 01, une huile nettoyante au squalane ; SÔMA 02, un sérum barrière au bêta-glucane ; SÔMA 03, une crème fluide SPF 30 pour usage quotidien. Trois produits, une routine complète, rien de superflu.

La distribution est pensée en deux temps : D2C, pour construire la communauté et maîtriser l'image, puis l'entrée chez Sephora dès M+3 afin d'accélérer la notoriété.

L'identité visuelle et les guidelines

L'identité visuelle de SÔMA repose sur six règles qui traduisent visuellement les valeurs de la marque. Jamais plus de trois éléments visuels par image. Pas de studio surexposé : teintes tièdes, ombres douces, lumière naturelle uniquement. Les matières utilisées sont brutes — verre ambré, marbre, cuir naturel… Aucune retouche de peau des modèles : peaux réelles, pores visibles, parce que la transparence visuelle renforce la transparence produit.

La palette : sage profond, stone, or mat, blanc cassé. Et le ton éditorial est direct, informé, sans condescendance. Jamais « ta peau va adorer ». Toujours « voilà pourquoi notre produit marche ».

La ligne éditoriale et la stratégie d'influence

Le contenu s'organise autour de trois piliers. « Ce qu'il y a dedans » : des contenus éducatifs sur les ingrédients actifs, ton direct, sans vulgarisation excessive, diffusés sur Instagram et TikTok. « La peau en vrai » : de l'UGC sélectionné, des peaux non retouchées, des témoignages clients à J+30 en Stories et Reels. « L'objet SÔMA » : du contenu lifestyle épuré, produit mis en scène dans des intérieurs urbains avec une cohérence visuelle pour le feed Instagram et la newsletter.

La stratégie d'influence combine deux macro-influenceurs entre 200K et 500K abonnés pour asseoir la crédibilité au lancement, et huit micro-influenceurs entre 10K et 50K pour la conversion et la preuve sociale, tous sélectionnés sur des critères de lifestyle minimaliste et d'intérêt pour la dermatologie.